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Les incidents antisémites ont atteint en 2009 un niveau sans précédent en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon des chiffres publiés par l'Agence juive le 24 janvier, trois jours avant la commémoration de la Journée internationale de la mémoire de la Shoah.
Ces données montrent que la violence antisémite a atteint un pic pendant et après l'opération "Plomb durci" menée par Tsahal dans la bande de Gaza l'hiver dernier. Durant les trois premiers mois de 2009, au début desquels se déroula la fin de l'opération de Tsahal dans la bande de Gaza, on a enregistré en Europe occidentale plus d'incidents antisémites (allant des menaces verbales aux attaques violentes) que pendant toute l'année 2008.
En France, 631 incidents se sont produits durant la première moitié de 2009, contre 431 pour l'ensemble de 2008. En Grande-Bretagne, on enregistré quelque 600 incidents antisémites en 2009. Aux Pays-Bas, on a relevé une centaine d'incidents antisémites à la suite de l'incursion dans la bande de Gaza, soit un nombre comparable à celui enregistré durant toute l'année précédente.
De plus, l'Agence juive a noté que les campagnes électorales menées en Ukraine et en Hongrie ont donné lieu à des démonstrations publiques d'antisémitisme qui ont émergé comme outils des partis politiques en présence. En Ukraine, une rumeur diffusée pendant la campagne électorale nationale affirmait qu'Israël avait fait venir 25 000 enfants ukrainiens dans l'Etat juif dans le seul but de prélever leurs organes. Des histoires de ce type ont aussi poussé l'Agence juive à mettre en garde contre ce qu'elle a appelé l'apparition "d'accusations modernes de crime rituel". Il s'agit d'un phénomène caractérisrique du Moyen-âge dans les pays d'Europe, qui a pris diverses formes: des allégations selon lesquelles les Juifs utilisaient le sang d'enfants chrétiens pour fabriquer les matzot de Pessah aux accusations directes de sacrifice humain et de meurtre de sang-froid.
Ces informations, publiées dans le cadre d'un rapport annuel sur l'antisémitisme mondial, ont été présentées lors d'une conférence de presse qui s'est tenue au siège de l'Agence juive à Jérusalem et au cours de laquelle ont pris la parole le ministre des Affaires de la diaspora, Youli Edelstein, le président de l'Agence juive, Nathan Sharansky, le responsable du groupe de travail sur l'antisémitisme de l'Agence juive, Amos Hermon et le porte-parole de l'Agence Gil Litman.
"L'antisémitisme classique change et est remplacé par un nouvel antisémitisme qui prend la forme d'attaques débridées contre l'idée d'un Etat juif", a déclaré M. Sharansky à l'ouverture de la conférence.
Après avoir expliqué pourquoi il repoussait les accusations de ceux qui reprochent à l'Agence juive de "de brouiller les limites entre la critique légitime de l'Etat d'Israël et l'antisémitisme", M. Sharansky a clarifié sa déclaration en présentant une liste de critères qui permettent selon lui de distinguer les critiques illégitimes contre Israël. "Nous avons identifié trois [critères] regroupés dans un principe comprenant 3 D" : diabolisation, délégitimation et double standard", a-t-il déclaré. "Si l'on se penche sur l'antisémitisme à travers les âges, on retrouve aussi ces trois principes en action – diabolisation des Juifs, délégitimation des Juifs comme nation et double standard [deux poids, deux mesures] envers les Juifs en tant que peuple et que religion." Selon M. Sharansky, on peut retrouver ces trois critères bien vivants à travers le monde et plus spécialement en Europe.
M. Sharansky a souligné que depuis la publication en août par le tabloïd suédois Aftonbladet, d'un article accusant les soldats de Tsahal de prélever les organes de Palestiniens au cours des opérations militaires, l'accusation moderne de crime rituel est de retour et recrée la même image que son prédécesseur médiéval original. M. Sharansky a aussi évoqué l'histoire ukrainienne, comme preuve du retour de l'accusation de meurtre rituel, ainsi qu'un incident survenu voilà une semaine : un Américain a placé sur Youtube une séquence accusant Tsahal de prélever des organes sur les survivants du catastrophique tremblement de terre qui a frappé Haïti. Les forces de Tsahal se trouvaient alors en Haïti depuis le séisme, apportant une aide médicale très nécessaire aux rescapés.
Le passage en revue s'est poursuivi avec l'Iran et le Venezuela, considérés comme les deux pays les plus antisémites du monde, et avec une mise en garde contre le renforcement des liens entre les militants d'extrême gauche et les islamistes et contre la tolérance dont bénéficient les actes de haine commis par des musulmans à l'égard des Juifs.
Bien que la plus grande partie de la conférence de presse ait été consacrée à ces données préoccupantes, M. Sharansky et les autres orateurs ont indiqué qu'ils souhaitaient utiliser ces informations nouvelles pour renforcer la vigilance et lutter contre l'antisémitisme.
Alors que la majeure partie des initiatives annoncées reposait sur l'utilisation de groupes existants et d'individus pour progresser dans la lutte contre l'antisémitisme, M. Sharansky a aussi présenté un plan d'augmentation du nombre des émissaires actifs sur les campus des grandes universités étrangères. M. Sharansky souhaite faire passer leur nombre de 19 actuellement à plus d'une centaine.
De plus, selon M. Sharansky, la création de nouveaux procédés de lutte contre l'antisémitisme pourrait ne pas être la meilleure méthode, et les efforts existants devraient encore être consolidés et mieux intégrés entre eux.
"L'antisémitisme est un phénomène très ancien", a-t-il affirmé. "Il en va de même pour la lutte contre lui. Nous n'essayons pas ici de créer quoi que soit de nouveau mais de réorganiser les efforts déjà déployés."
Cet article a été préparé avec le concours de l'équipe du Jerusalem Post.
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