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Pour ceux qui ne sont pas au courant, la troisième semaine de mars a été proclamée Semaine de l'Apartheid israélien par des activistes qui sont soit malintentionnés, soit mal informés. Sur les campus américains, les comités d'organisation préparent des happenings pour fustiger une nouvelle fois Israël comme seul responsable de tous les maux du Proche-Orient.
L'an dernier à l'université de Berkeley, en Californie, j'ai eu l'occasion de "dialoguer" avec quelques uns des organisateurs de ces événements. Ma perspective est unique puisque je suis à la fois vice-consul d'Israël à San Francisco, Bédouin et le musulman le plus haut placé représentant Israël aux Etats-Unis. Je suis né dans une famille de onze enfants, au sein d'une tribu bédouine dans le nord d'Israël et j'ai entamé une vie de berger dans notre tente familiale. J'ai servi par la suite dans les rangs des gardes-frontières israéliens. J'ai obtenu plus tard une maîtrise de science politique avant d'entrer au ministère des Affaires étrangères.
Je suis fier d'être Israélien – tout comme de nombreux Israéliens non-Juifs, Druzes, Bahaïs, Bédouins chrétiens et musulmans qui vivent dans l'une des sociétés les plus culturellement diversifiées et dans la seule véritable démocratie du Proche-Orient. Comme celle des Etats-Unis, la société israélienne est loin d'être parfaite, mais soyons honnêtes. Quel que soit le critère que vous choisirez – chances d'accéder à l'enseignement, développement économique, droits des femmes et des homosexuels, liberté de parole et de réunion, représentation législative – les minorités israéliennes s'en tirent bien mieux que celles de n'importe quel autre pays du Proche-Orient.
C'est pourquoi je voudrais partager les idées qui suivent avec les organisateurs de la Semaine de l'apartheid israélien, ou en tout cas avec ceux qui sont ouverts au dialogue et ne sont pas aveuglés par une idéologie haineuse.
Vous faites partie du problème, pas de la solution : si vous êtes vraiment idéalistes et engagés dans les efforts pour rendre le monde meilleur, mettez un terme à cette fausse rhétorique. Nous avons besoin de gens modérés qui se rassemblent en toute bonne foi afin de contribuer à soulager la souffrance humaine au sein des deux camps impliqués dans le conflit israélo-palestinien. La diffamation et la disqualification sont des alliés aveugles qui sont injustes et ne nous mènent nulle part.
Vous déniez à Israël le droit fondamental de toute société à se défendre : vous condamnez la construction par Israël d'une barrière de sécurité destinée à protéger ses citoyens des attentats-suicides et vous lui reprochez d'attaquer des bâtiments à partir desquels des missiles sont tirés sur ses villes, mais vous ne proposez aucune alternative. Ne pratiquez-vous pas vous-même une profonde forme de racisme en refusant à une société toute entière le droit de se défendre ?
Vos critiques sont délibérément empreintes d'hypocrisie : les citoyens arabes israéliens sont-ils désavantagés ? Vous pouvez en être sûrs. Les Afro-américains vivant à dix minutes du campus de Berkeley sont-ils désavantagés ? Vous pouvez en être sûrs aussi. Devons-nous pour autant lancer la Semaine de l'apartheid de Berkeley ou vaut-il mieux trouver de vrais moyens d'améliorer nos sociétés et de rendre différentes possibilités plus accessibles ?
Vous trahissez les juifs et les musulmans modérés qui œuvrent pour parvenir à la paix : votre radicalisme sape les forces de paix en Israël et dans les territoires palestiniens. Nous travaillons dur pour promouvoir un accord de paix reconnaissant les droits légitimes d'Israël et du peuple palestinien et vous les réduisez à néant en calomniant l'une des parties.
Je voudrais dire aux organisateurs de la Semaine de l'apartheid israélien :
Si Israël était un Etat d'apartheid, je n'aurais jamais été nommé au poste que j'occupe et je n'aurais pas choisi d'accepter ces fonctions. Il y a beaucoup d'Arabes, tant en Israël que dans les territoires palestiniens, qui ont l'immense courage de s'avancer sur le chemin de la paix. Vous devriez vous tenir à nos côtés au lieu de prendre position contre nous.
http://sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2009/03/04/EDRP168GMT.DTL
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