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Un récent rapport de l'organe de surveillance des droits de l'homme de l'Organisation des Etats américains met en garde contre une possible "menace pesant sur la vie et l'intégrité physique de la communauté juive du Venezuela", par suite de violations par le régime de Chavez des droits politiques et humains de ses citoyens.
Dans un long rapport publié à la fin du mois de février, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (IACHR en anglais) accuse le gouvernement vénézuelien d'encourager une atmosphère d'"intolérance politique" et "un climat hostile au libre exercice d'une opposition politique".
Elle réprouve "l'insécurité civile" qui prévaut dans le pays et réserve ses critiques les plus acerbes à "l'impunité qui prévaut dans les cas de violation des droits de l'homme", y compris dans les cas où la police se rend coupable de mauvaise conduite, d'abus de pouvoir et même de tortures.
L'IACHR, dont le siège se trouve à Washington, est un organe de l'Organisation des Etats américains qui surveille les violations des droits de l'homme chez les membres de cette organisation de coordination et enquête à leur sujet.
Les informations relatives à la situation de la communauté juive proviennent pour une part de sources gouvernementales vénézueliennes et pour une autre part de groupes juifs qui se préoccupent de la question, comme le Bnai-Brith international et la Coalition pour les intérêts juifs-Amcha, un réseau basé aux Etats-Unis qui défend "les Juifs en danger".
A partir du paragraphe 780 du rapport, que l'on peut consulter en ligne sur le site Internet de IACHR, la commission exprime sa préoccupation face aux "informations affirmant que la communauté juive du Venezuela est particulièrement affectée par des incidents violents".
Citant des propos antisémites tenus dans les médias et par des officiels de l'Etat, combinés avec du vandalisme et une descente "inexpliquée" de la police vénézuelienne, le rapport conclut que de tels incidents contribuent "à créer une atmosphère d'intimidation et de violence contre la communauté juive du Vénézuela".
"Les faits précités, qui s'ajoutent à l'absence de toute enquête et de toute sanction contre les responsables de ces actes, y compris les membres des forces de l'Etat qui y ont pris part, constituent une menace pour la vie et l'intégrité physique de la communauté juive du Vénézuela."
Selon le rabbin Shmouel Hertzfeld d'Amcha, "Le gouvernement vénézuelien voudrait nous faire croire que [ces incidents] sont l'œuvre d'une bande de voyous, mais ce document, écrit sur papier à en-tête de l'Organisation des Etats américains, dit tout autre chose".
Amcha a présenté une requête demandant la tenue d'audiences supplémentaires sur ce sujet et M. Herzfeld espère qu'elles pourront avoir lieu en octobre.
Le rapport consacre deux longs paragraphes à une descente effectuée par la police en décembre 2007 au Centre hébraïque social culturel et sportif de Caracas, où selon les autorités vénézueliennes, étaient sensées se trouver "des preuve de nature criminelle liées à la perpétration présumée d'un crime contre l'ordre public, la communauté ou la sécurité nationale".
Selon le rapport de l'IACHR, "l'information fournie par l'Etat à propos de l'opération au Centre hébraïque ne suffit pas à expliquer l'incident qui s'est produit au quartier général de cette organisation".
Le rapport poursuit en rappelant le développement, au cours des dernières années, de la rhétorique "de tonalité antisémite" chez les officiels et dans les médias, et cite un discours prononcé en 2005 dans lequel le président Hugo Chavez accusait "certaines minorités, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ, les descendants des mêmes qui ont chassé Bolivar d'ici et l'ont aussi crucifié à leur manière à Santa Maria, ici en Colombie" de "[s'emparer] de l'or, de l'argent, des minerais, des bonnes terres, du pétrole, des richesses de la planète, et de [concentrer] les richesses entre les mains d'un petit nombre".
Ces propos et d'autres similaires tenus par des officiels ont été suivis par des "expressions à contenu antisémite dans des programmes et des articles d'opinion, y compris dans les médias contrôlés par le gouvernement ou dans ceux alignés sur le gouvernement comme Cadena Venezolana de Televisión (VTV)".
La commission s'est engagée à suivre de près les mesures prises par les autorités vénézueliennes pour "empêcher de tels actes de violence contre la communauté juive de se reproduire, faire la lumière sur les incidents et en punir les responsables.
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