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De bonnes choses se passent au cours des trois dernières années à Yahini, un moshav yéménite proche de Sdérot. Les habitants attribuent ce rajeunissement à un nouveau projet lancé dans une zone autrefois déserte, où l'association Ayalim a construit le premier village d'étudiants de la région.

Avec le soutien du conseil régional de Shaar Hanéguev et de diverses fondations, des dizaines maisons préfabriquées ont été installés dans cette zone abandonnée. Les étudiants ont tracé des allées, disposé des bancs, planté des arbres, et le village était lancé. Trente-six étudiants du collège académique Sapir se sont inscrits à ce projet et ont emménagé, payant un loyer de 350 shekels par mois (environ 90 Euros). Dans le cadre de l'idéologie d'Ayalim visant au peuplement du Néguev et de la Galilée, chaque étudiant bénéficie d'une bourse d'études pour l'année universitaire en contrepartie de 300 heures de travail bénévole pour la communauté et d'une semaine de travail pour aider à poursuivre l'établissement de villages d'étudiants à travers le Néguev.
"Le village a démarré avec quelques maisons préfabriquées et vingt étudiants. Chaque année, nous nous agrandissons pour permettre à autant d'étudiants convenant à cette mission que possible de nous rejoindre", explique Noa Gohshtat, coordinatrice du marketing et de la culture d'Ayalim, qui figure parmi les 36 étudiants du village. "Ce n'est pas seulement une affaire de logement pendant nos études, mais également un concept de peuplement, un engagement et une contribution à la communauté qui rendent ce projet exceptionnel". Elle vient de la région densément peuplée de Holon et est aussitôt tombée amoureuse de ces grands espaces: "Je pense que cette région en particulier et le Néguev et la Galilée en général sont pleins de paysages remarquables qui créent une atmosphère rurale et plaisante. Il faut encourager le peuplement d'endroits comme celui-ci, c'est ce que notre organisation s'efforce de faire avec succès, je pense, puisque d'anciens étudiants sont restés et continuent de vivre dans la région."
L'idée de six étudiants
L'association Ayalim a été créée en 2002 par six étudiants qui avaient fini leur service militaire. Ils ont décidé d'utiliser leur prime de démobilisation pour acquérir des maisons préfabriquées et commencer à construire des villages d'étudiants, pour renforcer l'effort de peuplement et encourager l'engagement social dans le Néguev et en Galilée. Le rôle d'Ayalim est de faire revivre un modèle israélien de peuplement sous la conduite de jeunes adultes, tout en créant une atmosphère chargée de valeurs et en régénérant l'idée sioniste sous une forme compatible avec la vie au XXIe siècle, par l'éducation aux valeurs sionistes et l'introduction d'un esprit d'entreprise dans les régions de haute priorité. "Ayalim a construit jusqu'à présent 11 villages d'étudiants, Yakhini compris", déclare Noa Gohshtat. " Tous les villages ont été créés à des endroits où soit la communauté, soit la région, avaient besoin de notre présence. Il est important que le village soit près d'un collège académique pour attirer de jeunes énergies nouvelles, qui arrivent tout imprégnées de l'idéologie du peuplement."
Le concept d'Ayalim n'a pas seulement attiré des étudiants fréquentant des établissements d'enseignement supérieur dans le Néguev et en Galilée, mais aussi des organes gouvernementaux et des donateurs privés, en Israël et à l'étranger, au premier rang desquels la Fondation Mirage, l'Agence juive, la Fondation Sacta-Rachi, la Division du peuplement, le Keren Hayessod, JFNA et d'autres organisations à travers le monde.
Comment fait-on pour peupler une région qui se trouve depuis huit ans à portée des tirs en provenance de la bande de Gaza ? Noa Gohshtat est convaincue que cela ne dissuadera pas les étudiants de mettre leurs idées en pratique: "Tous ceux qui viennent étudier au Collège Sapir savent où ils se rendent et sont conscients du risque des tirs de missiles, c'est pourquoi je pense que ceux qui nous rejoignent sont inspirés par la foi dans l'entreprise de peuplement. De plus, il y a tout autour du village des zones protégées où l'on peut trouver refuge en cas de besoin. Mais j'espère que nous n'aurons pas à les utiliser et que cette zone restera toujours calme."
Les fondateurs du projet Ayalim l'ont baptisé ainsi à la mémoire de leurs amis Eyal et Yael Sorek, qui ont trouvé la mort dans une attaque terroriste à Karmei Tsour.
 Yahini les accueille avec amour
L'installation du village d'étudiants a apporté à Yakhini un vent de jeunesse et de fraîcheur. Au cours des dernières années le moshav, qui appartient au conseil régional de Shaar Hanéguev, avait été négligé, mais les premiers signes de changement sont apparus récemment. De nouvelles plantes ont été ajoutées à l'entrée du moshav, un éclairage public a été installé et les infrastructures seront modernisées dans un avenir plus ou moins proche. Il y a même un pub dans le moshav, le Kaiser, – tout cela s'ajoutant, comme on l'a vu, au village d'étudiants qui fonctionne depuis trois ans.
Les étudiants vivant dans le village sont très actifs au sein de la communauté. Ils mènent tout au long de l'année des activités pour les enfants et organisent pour les fêtes des activités pour les personnes de tous les âges, comme la plantation d'arbres à Tou Bishvat. "Il y a une activité riche et diversifiée pour les habitants de Yakhini", souligne Noa Gohshtat. "Les étudiants mènent des activités l'après-midi et aident les enfants à faire leurs devoirs. Les habitants me donnent l'impression qu'ils sont très satisfaits et cela nous rend très heureux."
Ayalim continue à enrichir les activités destinées à la fois aux étudiants et à la population locale. Les membres du projet ouvriront prochainement un pub où les individus doués pour la musique seront invités à chanter et à se produire. De plus, une journée communautaire spéciale aura lieu le 22 mai. Intitulée "Le pourtour de la bande de Gaza tend à son tour la main à la communauté", cette manifestation comprendra des stands, où seront vendus des produits de seconde main, et des activités pour les enfants et leurs familles.
En plus de leur activité à Yakhini, les étudiants d'Ayalim sont très présents au lycée Gutwirth où ils servent de mentors, aidant ainsi les jeunes à améliorer leurs résultats et empêchant le décrochage scolaire.
Ayalim a ouvert les inscriptions pour l'an prochain. Les personnes intéressées peuvent obtenir de l'aide au centre d'information qu'Ayalim a mis sur pied au collège Sapir pour faire connaître la région du Néguev – communautés, attractions et sites touristiques – à tous les étudiants. "Je fais partie de ce projet depuis trois ans et je peux affirmer qu'il a beaucoup apporté à la région, comme à moi personnellement", conclut Noa Gohshtat. "Il y a ici un environnement familial particulier avec des repas pris en commun, des soirées destinées à donner un sentiment de cohésion et, bien sûr, la grande satisfaction que l'on tire d'un travail au service de la communauté."
Et que disent les gens de Yakhini ? Ils sont ravis. "Nous traitons les étudiants comme nos propres enfants, nous sommes contents qu'ils se soient intégrés à la vie communautaire et qu'ils apportent à la communauté des activités culturelles et récréatives", déclare l'un des membres du moshav. "J'espère qu'ils continueront à faire fleurir Yakhini."
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